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Imaginez Hamid et Mohamed, prêts à avaler 1300 kilomètres, le réservoir à bloc juste avant le grand départ. C’est le quotidien de nos autocaristes belges, et malgré l’envolée récente des prix du diesel, une chose est claire : leurs carnets de commandes ne désemplissent pas ! « On fait plus de voyages que les années précédentes », confient-ils, un brin étonnés eux-mêmes, alors qu’ils s’apprêtent à emmener 60 élèves bruxellois vers Barcelone. Une bonne nouvelle pour le secteur, mais qui cache une réalité économique bien plus complexe et de sérieuses inquiétudes.
Pourtant, la pilule est amère à avaler. Dès ce mardi, le prix du litre d’essence 95 (E10) a franchi une nouvelle barre, atteignant 1,997 euro, soit une hausse de 7,4 cents. Le 98 (E5) n’est pas en reste, flirtant avec les 2,05 euros le litre. Une flambée qui pèse lourd, surtout pour des géants comme Keolis, dont les voyages sont souvent réservés un an à l’avance. « C’est clair que l’effet de l’augmentation du prix du diesel a un impact sur notre mode de fonctionnement et nos coûts », confirme Gaëtan Binet, responsable des ventes chez Keolis. Les prix actuels n’avaient pas été anticipés lors des devis pour 2025, basés sur des moyennes bien plus clémentes, avant le début du conflit au Moyen-Orient.
La situation est d’autant plus préoccupante que tous les autocaristes ne sont pas logés à la même enseigne. « Les autocaristes se font beaucoup de soucis, de plus en plus de soucis », alerte Kim Taylor, porte-parole de la Fédération belge des entrepreneurs d’autobus et d’autocars. Et pour cause : « Ils ont déjà perdu des milliers d’euros depuis la crise au Moyen-Orient, à cause de la hausse du prix du diesel. » Face à cette hémorragie financière, certains choisissent de maintenir leurs prix coûte que coûte, espérant des jours meilleurs, tandis que d’autres préfèrent adapter leurs tarifs et en informer leur clientèle, parfois au risque de perdre des contrats.
Malgré ces turbulences économiques, une chose reste inchangée : l’autocar demeure une option de choix pour de nombreux Belges, surtout les Bruxellois, soucieux de voyager sans faire exploser leur budget. Pour ces vacances de printemps, pas moins de 16 000 d’entre eux prendront la route en autocar, preuve que ce mode de transport, malgré les défis, conserve toute sa popularité. Une bouffée d’air pour un secteur qui, décidément, ne manque pas de dynamisme !
Écrit par: me@sebastiendebollivier.com
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