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Fin des repas gratuits à l’école : une pilule difficile à avaler pour nos enfants et nos écoles !

todayavril 24, 2026 4

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Jusqu’à présent, près de 430 établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles, souvent situés dans des quartiers où la précarité est malheureusement une réalité, bénéficiaient d’une aide précieuse : des subsides spécifiques pour offrir des repas chauds et équilibrés à leurs élèves. Depuis 2023, une enveloppe de 21,4 millions d’euros par an, complétée par des moyens humains et matériels, permettait à ces écoles de proposer des repas complets, sains et même durables. Une initiative saluée par tous, parents, enfants et corps enseignant.

Mais voilà, les choses changent à la prochaine rentrée. Fini l’enveloppe dédiée ! Les fonds ne disparaissent pas totalement, certes, mais ils seront désormais noyés dans les budgets de fonctionnement globaux des écoles. Le hic ? Il n’y aura plus aucune obligation de consacrer une partie de cet argent aux repas. Une décision qui laisse un goût amer et suscite une grande incompréhension sur le terrain. Pierre Laurens, directeur de l’école Saint-Antoine, le dit sans détour : « Chez nous, les élèves de maternelle arrivent à 11h30 au repas. On apprend à faire la file, à attendre son tour, à goûter tous les aliments car parfois, à la maison, ils ne mangent pas ça. C’est l’occasion pour eux de découvrir des produits locaux, belges. On est une école multiculturelle, donc ça permet aussi de découvrir la cuisine locale et d’avoir une alimentation variée. Et puis, il y a tout un vocabulaire qui s’apprend à travers ça« . Le repas, c’est bien plus qu’une assiette, c’est un moment d’apprentissage et de socialisation !

Même son de cloche du côté d’Ixelles, où Nevruz Unal, l’échevine des repas scolaires, insiste sur le rôle pédagogique de ces initiatives. « On mène des campagnes de sensibilisation car des enfants découvrent certains aliments au repas scolaire« , explique-t-elle. Mais au-delà de la belle pédagogie, la question des moyens financiers reste le nerf de la guerre. Pierre Laurens a bien tenté d’alerter les autorités via une lettre ouverte, mais la réponse de la ministre l’a laissé sur sa faim : « Elle parle de choix politiques et du déficit de la Communauté française. Mais ce n’est pas la faute des écoles si la Communauté française est en déficit, c’est un choix politique. Dire qu’on peut continuer les repas gratuits, oui… mais pas avec 30.000 euros. Avec ça, je peux juste offrir un fruit et une soupe« . Difficile de maintenir un service de qualité avec des miettes.

Face à cette nouvelle donne budgétaire, nos écoles font de leur mieux pour s’adapter, souvent avec des solutions qui ressemblent plus à du bricolage qu’à une vision à long terme. « On a eu des retours de mécènes, mais ça reste ponctuel, pour une ou deux familles. Avec le pouvoir organisateur, on maintient pour l’instant le fruit à 10h et la soupe à midi« , confie le directeur. À Ixelles, la réflexion bat son plein pour trouver une issue. Nevruz Unal l’assure : « On discute actuellement pour voir si on maintient le système actuel ou si on passe à une aide individuelle. Mais on ne compte pas lâcher les écoles différenciées. Nous voulons maintenir ces repas gratuits« . Un engagement qui rassure, mais la tâche s’annonce ardue sans un financement clair et suffisant. Nos enfants méritent mieux que de l’incertitude à l’heure du repas.

Écrit par: me@sebastiendebollivier.com

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