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L’édition sous tension : le vent Bolloré souffle fort, nos auteurs belges réagissent !

todayavril 21, 2026 9

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Un vrai coup de tonnerre a secoué le monde de l’édition à Paris, et croyez-nous, les secousses se font sentir jusque chez nous, en Belgique ! Le départ d’Olivier Nora, l’ancien patron des éditions Grasset, sur décision de Vincent Bolloré (le grand manitou du groupe Hachette), fait trembler les murs. Pour beaucoup, ce n’est pas juste un simple changement de tête, mais une menace sur la liberté d’écrire et de publier. « J’espère que l’éditeur restera toujours maître de ses choix, de ce qu’il publie et comment. Si les actionnaires décident, là, ça posera un gros problème », nous confie Carine Lecomte, la directrice de l’Association des éditeurs belges, le ton grave.

L’enjeu est de taille : préserver cette fameuse indépendance éditoriale, un pilier essentiel de notre culture. Beaucoup y voient une tentative de mainmise idéologique sur le secteur. « Cette liberté, on y est super attachés, c’est une valeur qu’on doit défendre coûte que coûte. Les livres sont des vecteurs de démocratie, des catalyseurs de liberté, il faut les protéger à tout prix », insiste Carine Lecomte. Et nos auteurs belges ne sont pas en reste : Sébastien Ministru ou Geneviève Damas, tous deux publiés chez Grasset, sont directement concernés. D’ailleurs, plus de 130 auteurs ont déjà annoncé qu’ils quitteraient la maison d’édition, un geste fort !

Mais l’inquiétude va bien au-delà de la simple sélection des manuscrits. Vincent Engel, à la fois auteur et éditeur chez nous, pointe du doigt un autre levier d’influence : la distribution. « La maison Hachette a un pouvoir énorme chez les libraires. Elle peut réclamer une place de choix pour ses livres, ce que j’appelle la ‘chaire à papier’, pour faire du volume et, au final, empêcher d’autres éditeurs d’être visibles », explique-t-il. C’est clair : décider de ce qui est mis en avant en librairie, c’est aussi orienter les choix des lecteurs et donc, indirectement, la culture.

Cette crise pourrait bien accélérer une transformation déjà amorcée. Selon Vincent Engel, il y a de la place pour une édition indépendante de qualité, car les grands groupes « resserrent de plus en plus le champ de la publication, prenant moins de risques ». Il regrette aussi la perte de la fidélité éditeur-auteur d’antan : « Avant, un éditeur accompagnait ses auteurs sur le long terme, même s’ils ne vendaient pas des millions. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Paradoxalement, cela ouvre la voie à une littérature plus exigeante, plus expérimentale, que les éditeurs indépendants sont prêts à défendre.

Face à cette levée de boucliers, Vincent Bolloré, lui, assume ses choix. Dans la presse, il parle d’une « petite caste » à l’origine du tumulte et défend des décisions de gestion « normales », tout en revendiquant haut et fort sa ligne idéologique. Le débat est lancé, et il est crucial pour l’avenir de nos livres et de notre liberté de penser.

Écrit par: me@sebastiendebollivier.com

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