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Unrecognizable beekeepers in protective uniforms checking on frames with honeycomb and calming bees with smoker while working together in apiary
C’est un cri d’alerte venu du ciel de la capitale : à Bruxelles, une ruche sur deux n’a pas survécu à l’hiver. Derrière cette hécatombe silencieuse, un ennemi bien identifié : le frelon asiatique. De plus en plus présent dans la région, il décime les colonies en multipliant les attaques ciblées. Résultat : les abeilles, conscientes du danger, ne quittent même plus leurs ruches. Elles attendent, terrées, jusqu’à mourir de faim.
L’étude de Honeybee Valley, menée en collaboration avec le CRA-W et l’ASBL Cari, tire la sonnette d’alarme : Bruxelles enregistre le taux de mortalité des abeilles le plus élevé du pays, avec 44 % de pertes, bien au-dessus de la moyenne nationale. Le phénomène inquiète les apiculteurs, qui doivent faire face à des pertes économiques importantes, jusqu’à 500 euros par ruche disparue.
Neset Kutlu, fondateur de Bees-Api Bruxelles, voit son engagement mis à mal. En un an, il a perdu une trentaine de ruches, malgré ses installations urbaines sur les toits de la ville. Il pointe aussi du doigt le manque d’action des pouvoirs publics : « On attend trop longtemps avant d’agir. Une fois les nids installés, il est déjà trop tard. »
Et le frelon asiatique n’est pas seul responsable. Le manque de fleurs, causé par des tontes trop fréquentes, prive les pollinisateurs de ressources vitales. Le climat, lui aussi, perturbe leur cycle naturel : les hivers doux les incitent à sortir trop tôt, avant que les floraisons ne commencent.
Face à cette urgence écologique et économique, les apiculteurs bruxellois lancent un appel : sans action rapide, la biodiversité urbaine s’effondrera… dans un silence bourdonnant.
Écrit par: Raphaël Warny
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