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todayjuin 18, 2026 14 15
Le week-end dernier, la colère a débordé, littéralement, dans le quartier de Cureghem à Anderlecht. Exaspérés par la saleté grandissante de leurs rues, des habitants ont mené une action coup de poing : ils ont ramassé les détritus qui jonchent quotidiennement leurs trottoirs pour ériger un véritable « mur de déchets » devant la maison communale. Un geste fort, une image choc, pour dénoncer une situation qui, selon eux, s’aggrave, notamment depuis la suppression des tournées de nettoyage le week-end, et ce, malgré la proximité du Marché du Midi et des Abattoirs, générateurs d’une quantité considérable de détritus.
Du côté de la commune, l’échevin Achille Vandyck (MR) ne cache pas la complexité du dossier. Il explique que la décision de réduire les services n’a pas été prise à la légère, mais est le fruit d’une situation financière délicate et d’un manque criant de personnel, hérité du passé. « C’est comme un bateau qui prend l’eau à plusieurs endroits », confie-t-il, soulignant les efforts titanesques pour équilibrer le budget. La commune se retrouve contrainte de « colmater les brèches » là où elle peut, mais l’eau continue de s’infiltrer ailleurs, rendant la tâche ardue et frustrante pour tous.
L’échevin va plus loin, décrivant la propreté comme un « puits sans fond ». Malgré un quadruplement des sanctions et un quintuplement du ramassage via de petits véhicules, la situation ne semble pas s’améliorer durablement. « Au plus on ramasse, et plus les gens prennent l’habitude, parce qu’il n’y a pas de sanction de manière transversale et structurelle sur tout le monde », regrette-t-il. Face à ce constat, la commune envisage de réorienter ses efforts vers des fonctions plus régaliennes : renforcement de la sécurité, installation de caméras et contrôle du bâti, espérant ainsi un impact plus structurel sur la propreté et le cadre de vie.
Mais pour les habitants, comme Charlotte Inghels, l’une des initiatrices de l’action, l’urgence est à l’action immédiate. « Trois mois, c’est après l’été : ça ne peut pas continuer comme ça », s’inquiète-t-elle, faisant référence à l’espoir de l’échevin de disposer d’une nouvelle équipe d’ici là. Le fossé semble se creuser entre la réalité du terrain vécue par les riverains et les contraintes budgétaires et structurelles de l’administration. Tous s’accordent sur l’objectif d’un Cureghem plus propre, mais la voie à suivre pour y parvenir reste, pour l’instant, semée d’embûches et de détritus.
Écrit par: me@sebastiendebollivier.com
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