C’est un véritable coup de semonce que lancent les trois fédérations de CPAS de notre pays (la VVSG, la Fédération des CPAS de Wallonie et Brulocalis) à l’attention de la ministre fédérale de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt. Nos Centres Publics d’Action Sociale se retrouvent face à un afflux sans précédent de dossiers. La raison ? La limitation dans le temps des allocations de chômage, qui pousse de plus en plus de personnes vers le revenu d’intégration. La situation est telle que les fédérations parlent d’une pression « considérable », menaçant la capacité des CPAS à garantir un service de qualité à nos concitoyens.
L’équation est complexe : non seulement le nombre de demandes de revenu d’intégration explose, mais de nouvelles règles de calcul viennent s’ajouter à une absence criante de simplification administrative. Pour nos équipes sur le terrain, c’est un véritable casse-tête qui met en péril leur mission essentielle. Face à cette surcharge, les fédérations demandent un moratoire d’au moins six mois sur toute nouvelle réforme qui impacterait les CPAS. Elles souhaitent aussi la mise en place d’un système de crise temporaire pour alléger la gestion des dossiers d’avances, et réclament plus de flexibilité, notamment pour décider de la nécessité d’une visite à domicile dans le cadre de l’enquête sociale pour les chômeurs exclus. Sans oublier un allongement de trois à neuf mois du délai pour réaliser les Projets Individualisés d’Intégration Sociale (PIIS) et un financement pour adapter les logiciels sociaux.
Le volet financier est bien sûr au cœur des préoccupations. Les CPAS plaident pour un élargissement de la compensation du revenu d’intégration à 100%, ainsi qu’une augmentation des frais de personnel. Cela inclurait le soutien aux personnes arrivant en fin d’allocations d’insertion et celles qui introduisent leur demande tardivement. Un système de monitoring commun avec le gouvernement fédéral est également réclamé, afin d’évaluer de manière « correcte et transparente » les charges supplémentaires reportées sur les CPAS et nos pouvoirs locaux. Il s’agit de comprendre précisément l’impact de ces mesures sur le budget et les ressources humaines de nos institutions.
Le message est clair et sans équivoque : sans ces mesures de soutien urgentes, les CPAS ne pourront plus assurer l’octroi des aides comme la loi le prévoit. Les trois fédérations l’affirment avec gravité : « Il y a urgence absolue pour tous les CPAS du pays ». C’est un appel à l’aide que nous ne pouvons ignorer, pour que nos CPAS, véritables piliers de la solidarité locale, puissent continuer à remplir leur mission essentielle auprès des plus fragiles d’entre nous.
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